Plantes et paysages du nord du Chili
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| En juillet 2003 nous sommes partis étudier les plantes et les paysages naturels du nord du Chili, entre Valparaiso et la frontière péruvienne. Pour partager avec vous l'ambiance des paysages chiliens, voici une petite sélection de photos prises durant le voyage. | 1- Région centrale |
1- Région centrale, climat de type méditerranéen : étés secs, hivers doux et humides.
| Parc National La Campana, non loin de Valparaiso : dépaysement assuré avec les palmiers du Chili, Jubaea chilensis, émergeant d'une végétation sclérophylle. Tous les sommets proches étaient enneigés. Nous espérions camper dans le parc mais les gardes de la Conaf nous en ont dissuadé, il gelait vraiment fort pendant la nuit. |
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Le Jubaea chilensis a un tronc lisse en forme de bouteille. Il a été sévèrement exploité pour le miel de palma qui s'obtient à partir de la sève, la récolte de la sève nécessitant l'abattage du palmier ! Il ne subsiste plus que quelques stations protégées de Jubaea. D'ailleurs la flore et les paysages sont en général très dégradés, et ne subsistent à l'état naturel que dans les parcs nationaux. |
| Les Echinopsis chilensis n'étaient pas en fleurs, mais leur silhouette suffit à marquer le paysage. Différentes espèces de cactus candélabre nous accompagneront tout au long de notre voyage vers le nord, jusqu'à la frontière avec le Pérou. |
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Une plante remarquable de la flore méditerranéenne du Chili est le Puya. Le feuillage argenté de Puya caerulea a des dents acérées tournées vers le bas comme des hameçons : attention si vous mettez le pied dans la rosette, vous ne pouvez plus le ressortir ! Très fréquent aussi, le Puya chilensis a un feuillage vert et de grandes inflorescences jaune verdâtre. |
Partout des plantes qui fleurissent rouge ! En y regardant de plus près c'est un parasite, Tristerix sp., qui vit sur des hôtes variés en se nourrissant de leur sève. |
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Tristerix aphyllus. Comme son nom l'indique, cette espèce de Tristerix n'a pas de feuilles, ce sont juste des bouquets de fleurs agrippés aux cactus. |
Le matorral : on se croirait dans une garrigue de l'arrière pays de Montpellier ! Les espèces dominantes sont Cryptocarya alba, Peumus boldus, Lithraea caustica, et Acacia caven qui commençait à peine à fleurir avec ses glomérules jaunes. A l'ombre dans les fonds de vallon nous avons trouvé des myrtes du Chili, Luma chequen, dont le feuillage dégage une puissante odeur de framboise quand on le froisse, ainsi que des Escallonia illinita, qui sentent le curry. |
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Cryptocarya alba est une espèce typique du matorral : feuillage persistant, coriace et vernissé pour limiter l'évapo-transpiration pendant les périodes de chaleur. Les fruits rouges, très décoratifs, sont comestibles. |
| Les fleurs jaune clair de Sophora macrocarpa s'épanouissent dès l'hiver, pour profiter de la saison humide. La période de sécheresse estivale peut durer plus de six mois, comme dans le sud de la Californie. |
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Le bambou du Chili, Chusquea cumingii, trouve la fraîcheur à environ 1000 m d'altitude dans les chaines côtières. A cette altitude les formations de matorral cèdent la place au Nothofagus obliqua, à feuillage caduc. Nous voulions randonner jusqu'au sommet du Cerro La Campana, mais l'arête finale à partir de 1800 m était couverte de glace et nous avons dû faire demi-tour. |
2- Région de La Serena : transition entre le climat méditerranéen et désertique.
| Dans la région de La Serena il pleut rarement mais le phénomène de la Camanchaca, un brouillard épais quotidien qui vient du Pacifique, permet à une végétation abondante et variée de se développer sur la frange littorale. Ici on voit une installation "d'attrape brume" pour produire de l'eau potable à partir du brouillard : aussi simple qu'ingénieux ! |
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Valle del Encanto. Echinopsis litoralis dans le brouillard : les épines sont couvertes d'un lichen jaune vif, très décoratif. |
| Parc National Fray Jorge. Dans une zone semi-désertique, une station relique d'arbres vivant de la Camanchaca. Les troncs sont recouverts de lichen. |
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Pour résister à la sécheresse, le Fuchsia lycioides entre en dormance et perd ses feuilles chaque été, comme font de nombreuses plantes sur le littoral en Californie. Ce Fuchsia se couvre de toutes petites fleurs rose foncé tout le reste de l'année. |
| Senna closiana, à fleurs jaune vif, est fréquent dans les montagnes le long de la côte. Dans le même secteur nous avons vu de nombreux pieds de Cestrum parquii, dont les discrètes fleurs tubulaires sont parfumées la nuit. Au loin on aperçoit le brouillard qui s'amasse sur l'océan et qui va couvrir la côte pendant la nuit. |
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Aristolochia chilensis est une plante volubile tapissante qui couvre les rochers au milieu des cactées dans les pentes chaudes et ensoleillées. |
| Nolana paradoxa forme une large masse de végétation annuelle à partir d'une racine charnue. Les grandes fleurs bleues ponctuent le paysage en bord de route, sur des terrains dégradés et rocailleux. |
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La capucine grimpante, Tropaeolum tricolor, se fond dans le brouillard du petit matin. La plante résiste à la sécheresse et aux conditions de sol difficiles grâce à ses tubercules, qui sont autant de réserves pour la plante. Une autre plante grimpante fréquente est le Muehlenbeckia hastulata dont les tiges volubiles forment des masses inextricables. |
| En s'éloignant de la côte et en montant vers les Andes on échappe à l'influence du brouillard : les pistes interminables remontent les vallées entre des montagnes pelées. Le Faux poivrier, Schinus molle, forme de beaux arbres non loin des cours d'eau. Plus on monte en altitude plus le Schinus diminue en taille, jusqu'à devenir un petit arbuste rabougri luttant contre le froid et la sécheresse. |
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Coucher de soleil sur le Pacifique : les Echinopsis attendent leur dose quotidienne de brouillard nocturne. |
3- Atacama : le désert le plus aride du monde.
| En montant vers le nord, on pénètre dans le désert d'Atacama. Dans certaines zones de l'intérieur il n'a jamais plu depuis le début des relevés météo, c'est-à-dire depuis plus de 100 ans. Uniquement sur une étroite frange côtière des plantes et des animaux survivent dans un écosystème unique lié au brouillard. Ici une femelle Zorro, charmant petit renard du désert, nous suit de loin pendant notre randonnée. |
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Copiapoa columna incline ses curieuses colonnes plissées vers le soleil. |
| Lever du jour dans le désert en bord d'océan : impression de bout du monde, avec le brouillard qui se dissipe lentement. |
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Parc National Pan de Azucar. Eulychnia sant pleana et Euphorbia lactiflua s'accrochent aux falaises dominant l'océan. |
| Atriplex deserticola survit à la sécheresse grâce au brouillard. En pleine journée l'ensoleillement et la chaleur sont intenses, comme en témoignent les fissures qui marquent à perte de vue cette plaine au sol argileux. |
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En se dirigeant vers l'intérieur des terres, on pénètre dans le désert absolu. Le brouillard ne franchit pas la chaine côtière, plus aucune plante ne peut survivre. Le ciel est parfaitement clair, les nuits étoilées sont impressionnantes. Paysage austère durant plusieurs jours de route, marqué de loin en loin par les terrils immenses et les installations abandonnées d'anciennes mines de salpêtre. |
| D'extraordinaires pétroglyphes précolombiens couvrent parfois la face entière de collines dans le désert. |
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En montant dans les Andes qui dominent l'Atacama, on accède à de splendides paysages semi-désertiques de haute altitude. A San Pedro de Atacama, les épais murs d'adobe, mélange de paille et d'argile, isolent du froid. Comme il ne pleut presque jamais, les toits sont également construits en adobe, sur d'étonnantes charpentes en bois de cactus. |
| Briques d'adobe séchant au soleil. |
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L'herbe de la Pampa, Cortaderia selloana, colonise les bords des rares cours d'eau qui traversent ces montagnes arides. |
| Valle de la Luna. L'eau provenant de la fonte des neiges stagne dans des cuvettes avant de s'évaporer complètement, laissant en surface de grandes étendues de sel. |
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En montant dans les Andes à l'extrême nord du Chili, à partir de la ville d'Arica qui marque la frontière du Pérou, la route traverse une belle station de cactus candélabre. Les Browningia candelaris poussent à environ 1500 m d'altitude. Au-delà la route monte vers le village de Putre, porte d'entrée de l'altiplano. |
4- L'altiplano : sécheresse et froid extrême.
| En montant dans les Andes vers la frontière bolivienne, on quitte progressivement le désert. Entre 2500 et 3500 m d'altitude dans la Precordillera de Belen, on traverse une zone de transition dont la flore est particulièrement riche : le mélange de cactées, d'arbustes sclérophylles de type matorral et de plantes vivaces herbacées créent un paysage unique. Ici un beau pied de Mutisia sp. à environ 3000 m d'altitude. |
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La silhouette élégante des fleurs de Mutisia. Nous avons été enthousiasmés par la flore de la Precordillera de Belen, et nous nous sommes promis d'y retourner pour mieux l'étudier. |
| Parc National de Lauca : un lama au milieu d'un bofedal à plus de 4000 m d'altitude. Le bofedal est une plaine marécageuse dont l'eau provient de la fonte des neiges. Les lamas ne sont pas du tout sauvages, ils nous suivaient de très près, allant jusqu'à fourrager dans nos poches à la recherche de miettes oubliées ! |
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Les éboulis d'origine volcanique sont parsemés de llareta, Azorella lycopodioides, l'une des plus étonnante plante en coussin de l'altiplano. La plante n'est pas douce au toucher comme on pourrait l'imaginer, elle est au contraire dure comme un rocher. En arrière plan le volcan Parinacota culmine à 6300 m. |
| La llareta pousse seulement de quelques millimètres par an mais peut vivre des centaines d'années. Elle est formée de minuscules rosettes de feuilles compressées les unes contre les autres, qui traduisent l'adaptation de la plante au froid et à la sécheresse. Ici un specimen magnifique de plusieurs mètres de large. Clara, qu'on distingue assise en bas à gauche, est en train d'étudier les petites fleurs jaunes qui donnent ce curieux reflet doré à la plante. |
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En route vers le Cerro Guane Guane visible au fond (un peu plus de 5000 m d'altitude), nous rencontrons un groupe de Vicuna, qui sont très craintifs contrairement aux lamas. L'ascencion du Cerro Guane Guane, techniquement assez facile malgré le manque d'oxygène qui commençait à se faire sentir sérieusement, nous a permis d'étudier jusqu'à quelle altitude pouvaient pousser les plantes de l'altiplano comme la llareta. Grande surprise, nous avons trouvé de petits pieds de llareta presque jusqu'au sommet. |
| Une autre plante unique de l'altiplano, le quenoa, Polylepis tarapacana. C'est sans doute l'arbre qui pousse à la plus haute altitude du monde, à environ 4500 m. |
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Lupinus microcarpus, sur la route vers l'Argentine à près de 4000 m. |
| Pour mieux résister à la sécheresse et au froid, de nombreuses plantes de l'altiplano adoptent des formes en coussins compressés ou épineux. |
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La pluie ne tombe pas en hiver, mais durant "l'hiver bolivien" qui a lieu durant l'été. Seuls les plus hauts sommets, dépassant les 6000 m, conservent de la neige toute l'année. La fonte de la neige alimente les lacs d'altitude, partiellement gelés. |
| De part et d'autre des pistes, l'altiplano semble s'étendre à l'infini. La couleur dorée du paysage vient de la paja brava, Festuca orthophylla, graminée extrêment résistante qui se développe en touffes circulaires. |
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